
Je suis la face à toi. Je suis debout, je tiens bien sur mes deux pieds. Je m'avance vers la scène. Cela sonne comme un air de déjà vu. Pas le même endroit, mais les mêmes gens, toi et moi. Sauf que tout est différent. Ce n'est plus nous. Ce sont deux étrangers. Admettons que je m'appelle Bonnie et toi Clyde. Bonnie a imaginé ce moment depuis de longues semaines. Il faut bien avouer qu'il lui manque, Clyde. Elle va pas se mentir, c'est la seule raison pour laquelle elle dort plus depuis des semaines, la seule raison pour laquelle elle se réveille en chialent. Faut dire que c'est une pleurnicharde Bonnie malgré son air de je m'en foutiste pure, avec une pointe de punkette. C'est pas elle qui vous dira le contraire remarquez. Alors la voilà en Terre inconnue. Entourée d'une foule de visage qu'elle a déjà entraperçue. Oublions les noms. Oublions les faux semblants. Revenons au départ. Je suis là, je marche d'un pas décidé vers la barrièrre de la scène pour faire face au mignon guitariste. Je le fixe comme si tout à coup il était devenu l'Homme le plus intéressant du monde. Ce qui n'est absolument pas le cas, comme je m'en contrefous de ce gars trop beau avec sa guitare bandante et son air de rebel. Ca pourrait être Matt Damon en face de moi que ça changerait pas grand chose. En réalitée je ne veux pas te regarder. Je me risque enfin à un rapide coup d'oeil. Je te vois. Et te hais tout de suite. Qu'est ce que je peux te hair. Comment contenir autant de rage, envie de te pisser à la gueule, de te tuméfier le visage, de réduire tes sois disant couilles en miètes. Nouvelle coupe de cheveux, ça te va pas. Je ricane doucement. C'est fou ce que je suis superficielle, je cherche toute tes failles, tout pour ne pas verser une larme. Mais je m'éclate. Rejette la tête en avant, et vibre au son de la musique, le chanteur gueule ... tant mieux ça m'empeche de penser. Je me retrouve à l'autre bout de la salle, en face de l'autre guitariste. Tu remplis mes moindres pensées. Mais je sourie, pour la gallerie j'imagine. J'ai cette bête impression de ne pas te connaître. Tout à coup je suis face à toi, avec plusieurs mètres qui nous sépare. Je me retrouve seule. Comme projetter dans une autre dimension. Je voudrais courirre mais tout me retiens ici. Je te détaille, des pieds à la tête. Mais que se passe t'il ? Le temps semble se suspendre. Tu lève les yeux comme si tu pouvais entendre mes pensées. Nos regards se croisent pendant ce qui paraît être de longue secondes. Et nous baissons les yeux. Mon Dieu ... Je n'aurais jamais cru qu'un regard pouvait autant faire mal. Comme si pour la première fois on avait réellement communiqué. Tu n'as émis aucune haine. Je n'y crois pas. Je voulais lancer des éclairs avec mes yeux mais au fond je gueulais : Reviens, tu me manques.











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